DECHIRURES

Performance

Matière, espace Paola Daniele

Projection de son/image, installation Konstantin Lunarine

Projection de son, installation Cesare Saldicco

04 JUIN 2016     20h30

LA SOCIETE DE CURIOSITES

123, rue de Clignancourt  75018  PARIS (M. 4 Simplon)

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Déchirures est un début d’étude sur le caractère des premières blessures, peines, cicatrices.

De l’âme aussi.

Une aube de ce liquide rouge, symbole de la vie et de la mort, eau de feu, raisin et vin, entrainant un seuil vibratoire entre l’enfant et l’adulte, présage de la défloration et marqueur irréfutable de la fécondité de la femme.

Sang/sens.

Je confesse mon sang, je le donne. Je dissous et je reconstruis mes viscères, mon sang s’écoule pour créer unité, combler une fracture. Et dans cette celebration l’“autre” n’est pas un banal participant, mais bien le mobile de l’oeuvre, l’incarnation de l’altérité.

Une trace d’enfance et Les Noces d’Hérodiade. Mystère, de Mallarmé réduit en lambeaux. Texte sur la jouissance, la naissance symbolique et la réconciliation avec le corps sexué qui jette des lumières sur le motif de la fascination du féminin, celui meme de la vie et de la poésie.

 

#déchirure innocente

“Enfant de plus au moins 7 ans, rongée par l’ennui, à la maison, j’étais fascinée par un meuble difficile à atteindre, dans lequel mon père gardait ses affaires personnelles. Je montais sur une chaise pour le gagner, en équilibre, sur les pointes des pieds, prétendant l’excitation d’une nouvelle collision, mélangée à la peur d’etre découverte. Et un jour, enveloppée dans son papier lisse et opalin, je rencontre un objet intime et séduisant. J’ignorais sa vocation, seulement il avait une si émouvante anatomie: c’était ma première interférence avec une lame de rasoir.

Tout doucement, je le retire de son étui, qui bruitait comme l’épiderme d’un bon-bon pret à etre avalé, et je le saisis dans ma main, serrant fort avec mes doigts palpitantes de connaissance. Le touché, l’effleurement, la déchirure, j’obtient le rouge, révolutionnaire sur la lame brillante, si luisante que, j’étais captée en voyant apparaitre mon image, déchirée par un rayon de sang. Et j’ai sucé mes doigts et j’ai léché la lame. J’ai soigné la déchirure, j’ai avalé la connaissance. L’expérience a un gout de fer et une trace d’amour”.

P.D.

 « Adieu.
Vous mentez, ô fleur nue
De mes lèvres.
J’attends une chose inconnue
Ou peut-être, ignorant le mystère et vos cris,
Jetez-vous les sanglots suprêmes et meurtris
D’une enfance sentant parmi les rêveries
Se séparer enfin ses froides pierreries. » 

Le Noces d’Hérodiade. Mystère. Stéphane Mallarmé, 1959 (posthume)

Installations

L’origine du monde 2.0 (après Courbet) Année: 2016

Une installation de Cesare Saldicco, software development and sound design. L’origine du monde 2.0 (après Courbet) est une installation interactive audio, vidéo et feedback non linéaire. Une colonne de lumière est projetée où deux murs adjacents se rencontrent à angle droit, afin d’animer la fissure d’une façon frémissante.

Scylla

Année: 2015 – Ginostra, Ile de Stromboli (Italie). Une installation de Konstantin Lunarine, vidéo – photographie.

Une descente dans les abysses, dans ces peurs primordiales plus archaiques que le language, la fascination pour les zones inexplorés qui fait partie de l’homme depuis la nuit de temps.
L’eau primordiale est source de la vie elle-même, mais aussi le vertigo où on peut se noyer et disparaitre où vivent les espèces monstrueuses près de la frontière liquide.
Une danse se libère et s’élève aux grandeurs du ciel et de la mer en jouant avec les équilibres effluerant les sensantions vertigineuses. Avec un dialogue intense entre bruit/son/musique le mouvement va se confronter volontairement aux perceptions d’asphyxie et fureur pour développer un discours réaliste.

 

Bio

Paola Daniele est née à Cosenza (Italie) le 7 Novembre 1976, chorègraphe, danseuse, performer.

Elle se forme comme danseuse contemporaine, technique Nikolais, et se perfectionne avec, entre autres, Raffaella Giordano, Michele Abbondanza, Alain Platel, Domique et Françoise Dupuy, Eugenio Barba. Elle a étudié technique d’émission vocales avec Chiara Guidi, Societas Raffaello Sanzio en Italie, et avec Enrique Pardo et Linda Wise, Centre Roy Hart Théâtre International en France.

Depuis 2010, vit à Paris et est auteure de performance, installations dansées, projets de danse-théâtre.

Toujours emerveillée et inspirée par l’univers féminin, fascinée par le corps humain et ses multiples identités et formes, à partir de 2013 mène des recherches sur le sang des femmes. Elle a fondé le collectif Hic Est Sanguis Meus – Ceci est mon sang, manifeste féministe – réunissant divers artistes du monde entier, qui travaillent et investiguent l’univers féminin à travers le thème du sang menstruel.

“Ses actes performatifs sont épris de violence”, écrit le critique Massimo Schiavoni: “Exposer ça veut dire mettre en témoignage, offrir à la vue, mais aussi courir un risque et, enfin et surtout, commenter, interpréter. Ici, le corps est l’objet de toutes ces significations, donné en lui-meme, dans son originalité, dans sa bonté et vulnérabilité, dans son immense communicabilité. Paola Daniele exhibe un physique performant comme exposition d’une nudité naturelle et symbolique. Porteuse d’une sexualité organique-corporelle avec un immense impact visuel, elle touche des cordes intimes et profanes en même temps … elle montre une sorte de rite d’initiation, élargi, étendu, comme si de son propre sang naisse l’énergie purificatrice qui synthetise en soi, deux aspects: celui protecteur-salvifique et celui terrifique. Des aspects propre à la vie, que à travers une nudité “souillées” par le rouge-sang, accouche une empathie amoureuse, passionnée, presque érotique, accentuée par la couleur qui signifie danger, violence, mais aussi la force et le courage de Mars “.

dolceredenzione.com

Konstantin Lunarine, est né à Kiev, en Ukraine en 1977.

Vidéographe, photographe, performer et compositeur de musique électroacoustique. Il arrive en Europe à l’âge de 20 ans et il ne reviendra plus à son pays. Depuis, il a vécu et travaillé à Vienne, New York, Copenhague, Berlin, avant s’établir à Paris. Les images ont toujours été son principal intérêt, néanmoins fortement attiré par le son et la musique, il a commencé plusieurs collaborations avec musiciens, performeurs et danseurs pour créer des œuvres vivantes et interdisciplinaires.

lunarine.com

mixcloud.com/konstantin-lunarine/

 

 

Cesare Saldicco, (n. 1976) commence à joeur le piano très jeune et obtien le diplômé au Conservatoire de Musique de Pérouse en 1999. Dans la même année, il s’inscrit au cours de composition avec Fabio Cifariello Ciardi et le cours musique électronique avec obtenant les deux diplomes en en 2007 et 2004. Il continue a prende des cours avec Helmut Lachenmann, Unsuk Chin, Philippe Hurel, Oscar Strasnoy, Gavin Bryars, Stefano Gervasoni, Salvatore Sciarrino et Ivan Fedele, avec laquelle il obtient en 2012, le diplôme de spécialisation à l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia à Rome.

Sa musique est publiée et gravée par ArsPublica (Treviso), Phylology (Macerata) et Edizioni Sconfinate (Milan), et a été jouée en Italie, Argentine, Australie, Albanie, Belgique, Bulgarie, Canada, Chili, Danemark, France, Finlande , Allemagne, Grèce, Angleterre, Portugal, Russie, Suède, États-Unis, Espagne, Suisse et à la radio, RAI (Radio Televisione Italiana).

Il a été invité d’importants festivals internationaux tels que “La Biennale di Venezia” (2012) et le Festival MisoMusic (2012) au Portugal.

Entre 2009 et 2013, il a été président et directeur artistique du G.E.R.M.I. culturel (Groupe Européen de Recherche musicale indépendante), à ​​partir de 2012, il rejoint le projet MOA, un collectif de compositeurs qui développe des projets site-specific.

Actuellement, il est professeur de composition musicale électroacoustique au Conservatoire de Musique “Antonio Vivaldi” à Alessandria.