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Collectif Hic Est Sanguis Meus, une genèse, rédigée à Paris le 26 février 2015.

Le projet d’une exposition sur les menstruations est né du désir de Paola Daniele de se réapproprier un travail personnel de long terme sur le sang, en se focalisant sur cet épisode mensuel propre à toutes. Sa recherche approfondie du sujet explore tous les domaines de la réflexion et de la création. La perception du corps de la femme, son autonomie, sa liberté sont oblitérées par des siècles de domination masculine, de mensonges et de non-dits. La rencontre avec Paola m’inspire énormément, nourrie depuis son enfance par une esthétique trouvant ses racines dans la religion catholique, prédominante dans les régions du sud d’Italie, très visuelle et intime dans sa relation avec le sang. Je suis passionné par l’Histoire des femmes et actif dans divers domaines la création. Ensemble, nous émettons l’hypothèse d’une création évolutive et participative à la hauteur des enjeux que soulève cet objet d’étude. Le sang menstruel, abomination intellectuelle pour Aristote, Saint Paul, Mahomet et bien d’autres grands noms des philosophies classiques et religions monothéistes, objet de répugnanceet de fascination de la médecine moderne, est totem et tabou de la femme. Point clé de son Histoire, il s’y joue son avenir. Il y a de par le monde, sur la représentation du sang féminin, une ombre noire que l’art révolté des seventies a tout juste défloré. La publicité est le véhicule contemporain de cet esprit puritain qui change le sang de la femme en un étrange liquide bleu, toujours inassumé, méconnaissable et aliénant. Aujourd’hui en France la législation sur la famille homosexuelle dérange, l’enseignement des gender studies à l’école fait polémique, le combat pour la parité des droits et des revenus sont d’une cruelle actualité. Face aux manifestations réactionnaires, homophobes et rétrogrades, il paraît urgent d’oeuvrer pour un renouveau culturel de la connaissance et de la diversité : de parler du sexe, jusque dans ses moindres recoins. Commence alors une campagne de communication très informelle auprès des créateurs de notre connaissance. Elles et ils sont femmes et hommes, jeunes ou vieux, de nationalités et spécialisations artistiques différentes. Tous sont sensibles à la problématique et très enthousiastes à l’idée d’une mise en commun de différentes visions des règles. Paola négocie la location du 59, rue de Rivoli, galerie d’exposition municipale en plein centre de Paris. S’organise une semaine plus tard notre rencontre, un bel après-midi de printemps dans un bar de Paris. Une vingtaine de personnes se sont déplacées. La discussion est vive et enthousiaste. Les idées fusent et s’organisent. A l’issue de la réunion, les réseaux sociaux prennent le relais pour que le dialogue se poursuive, sous la forme de partage de références, d’oeuvres originales et de propositions qui viennent élargir le champ des possibles. Puis une nouvelle réunion a lieu avant l’été pour décider d’une scénographie et faire le bilan des besoins. Chaque semaine, de nouveaux contributeurs s’avèrent intéressés par la tournure que prend le collectif. Hic Est Sanguis Meus : ce ne sont pas moins de quarante artistes finalement réunis au vernissage de l’exposition. Autour de nous les oeuvres prennent vie sous l’oeil attentif d’un public éberlué, ivre de sangria. De la poésie la plus subtile au trash le plus décomplexé, ils déconstruisent leurs préjugés et se forment un imaginaire personnel plus complexe et moins sujet aux formules toutes faites. Bien que la plupart des visiteurs ne dépassent pas le phallus grotesque de papier mâché maculé de sang qui siège près de la porte d’entrée derrière son rideau de tampons, horrifiés qu’ils sont par la vision d’une verge turgescente marquée du sceau de la féminité, d’autres nous font part de leur intérêt profond pour la cause et le traitement très pluriel du thème. On nous propose aimablement du soutien, des contributions nouvelles et d’exposer encore, ailleurs, à l’étranger cette fois. Des dizaines de personnes laissent une trace de leur passage sous forme de vulves dessinées sur place, dans l’atelier organisé pour la création participative et l’interactivité. C’est aussi l’occasion d’un dialogue avec les visiteurs. Des journalistes présents s’entretiennent avec nous. Fidèle à ses valeurs d’égalité, de diversité et de liberté de tons, le collectif Hic Est Sanguis Meus, voué à l’ouverture, a bien grandi depuis un an à peine. Après une exposition au Rialto de Rome en décembre, lors d’une soirée électro qui a réunie plus d’un millier de personnes, la perspective de résidences et d’ateliers créatifs dans les capitales européennes et des lieux plus reculés du monde se précise et motivera de nouvelles pratiques, de nouvelles idées et de nouvelles oeuvres en 2015. Il nous faut à présent trouver les soutiens financiers qui nous permettrons de mener à bien notre projet d’épanouissement culturel à l’échelle européenne, pour commencer, puis mondiale comme nous le souhaiterions, puisque la relation tourmentée aux menstrues est universelle, et que presque aucune société n’échappe ou n’a échappé à des croyances, des superstitions, interrogations ou répulsions à leur égard, contribuant à rendre la féminité tout à la fois magique et inquiétante, à justifier l’exclusion des femmes de la sphère publique, jusqu’à mettre en danger leur santé, en rendant plus cher et plus difficile l’accès aux soins les plus élémentaires.

Maxime Colin Yves, avec l’aide d’Esther Megard, Sylvie Braibant et Jillian Lainé.

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Napoli

    Laboratorio arti performative – Il sangue delle donne Nell’ambito della mostra “Hic est sanguis meus” che si terrà a Napoli presso lo spazio dello Scugnizzo Liberato – dal 5 al 13 marzo 2016 – Paola Daniele, coreografa performer e ideatrice del progetto sul sangue delle donne, condurrà un laboratorio di tre giorni finalizzato […]

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Paris , La Capela

Le Collectif Hic Est Sanguis Meus a l’immense joie de vous inviter à la Capela pour sa nouvelle exposition. Hic est sanguis meus / La Capela La Capela 20 Phillipe de Girard 75010 Parigi du 25 janvier au 5 février 2017 du lundi au vendredi : 18h – 22h du samedi au dimanche : 14h-22h […]