Florian Bezaud

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Papa was a rolling stone

Conserves de double concentré de tomates n’ayant aucun mais absolument aucun rapport avec cette exposition sur les menstrues ou peut-être à la limite la couleur rouge rouge c’est la couleur qu’on devrait donner à tous les camions z’ont eu raison les pompiers enfin c’est les pompiers c’est pas les pompiers justement qu’ont mis ça en rouge c’est pas le mec qui vient d’intégrer sa brigade qui s’est mis à tartiner sa baguette en chuchottant que ce serait une chouette idée non parait que ça nous vient d’angleterre le patron malin d’une boite maline qui voulait faire la distinguée et puis d’ailleurs on s’en fout ça peut venir d’une colonie romaine que ça changerait rien y’aurait toujours des couleurs et des sapeurs et puis tout ça me fait penser à la rue de la Pompe c’est là où je vis dans une chambre entourée de cousus d’or qui veulent pas que je jette mes bouteilles la nuit tombée règles de vie commune je t’en foutrais je l’ai fait qu’une fois on me regarde encore comme si j’avais fait quelque chose de grave mais fallait bien que je raccompagne un copain au métro le métro c’est juste en face faut traverser et puis tourner à gauche marcher un peu bref faut connaitre et je voulais pas qu’il se perde on devait se revoir le lendemain en plus discuter d’un truc qui vous regarde pas d’un truc qui concerne les mecs ah on s’en branle des mecs dans cette expo sont juste bons à dessiner des sortes de fentes y mettre deux trois coups de crayons et vas-y pour la gloriole mais la gloriole on se la carre au cul quand on se fait engueuler par la proprio tout ça à cause d’une pauvre bière jetée dans le noir et dans le bruit ça résonne dans la cour et ça réveille la grand-mère y’a toute la famille ici tous peuvent se regarder pas besoin de tourner la tête un vrai hôtel seizième tendance zoulou sauf que du noir t’en trouves pas ici ça se mélange pas on tolère le noir que dans le ciel et dans les coins et dans mon escalier tout branlant avec le bois qui craque sous le talon et ses problèmes de lumière et ses marches épaisses agenouillées qui font la lippe aux vieux compteurs champs-élyséees sont beaux ces coffres muraux ça en a dans la tronche on le sent bien quand tout le monde ronfle et qu’on a fermé les fenêtres et les portes vu qu’il y en a un à genre chaque étage ça te fait une de ces mélodies une mélopée d’immeuble et merde faudrait qu’on puisse faire parler toutes ces petites choses qu’ils aient leur mot à dire ras-le-bol des soviets vous faites chier messieurs-dames les damnés de la terre vous avez eu des moments pour discutailler et vous organiser vous pourriez quand même avoir la politesse de laisser parler les compteurs électriques z’ont quand même le droit à la parole moi un soir je revenais de je sais plus où que je réfléchisse attends oui alors je revenais de bastille et c’est là qu’ils m’ont fait leur numéro les compteurs du coup j’ai allumé un bout de joint que j’avais gardé parce qu’on trouvait pas de briquet comme quoi ça tient à rien certaines ambiances et puis j’ai écrit ce machin intitulé le miroir chinois ça traduit pas toute leur merdaille m’a juste permis d’en déverser des litres alors le miroir chinois silence hum hum paris pieds dans la seine on buvait tranquilles envahis par les mouches assombris besoin de conseils traits d’esprit mon cul tu dis de la merde t’as vraiment pas de coeur figure abstraite j’ai besoin de manger alors on fait quoi après invitation fête ou réception faudrait pas se perdre comme quand je suis arrivé grâce aux touristes ou alors deux amis on est tous de quelque part métro faut bien rejoindre pas elle pas eux c’est des artistes des artistes il parait ils ne sont qu’à l’intérieur de mon sac les artistes ou dans ma chambre bien planqués dans ma boite encore inconnus ou déjà empilés près du son sa nana c’est ses copains grande fête multicolore tout là-haut pas pour nous fausse joie intérieur usine petits plats gros moyens perroquet mort oeufs pyramidaux poupée qui fait peur faut expédier ça rapidement fumer boire des verres attendre d’être ailleurs sortir marcher prendre le bus déteste ces gens déteste les artistes sont tolérés dans mon humble demeure mais font pas de bruit ou alors c’est eux qui parlent à travers moi ça fait toujours son petit effet aimerais m’avoir comme voisin cris phrases douches rêves réveillé réveille-toi du bus trouve une nana à rejoindre ce serait plus pratique plus minuit plein de messages chuchottements marche vers où tu dors tu t’en fous des femmes c’est quoi ça tiens voyons voir à quoi je ressemble je m’aime mais personne tiens voyons voir à quoi je ressemble c’est marrant ça quand tu te mets là tu ressembles à un chinois yeux bridés aller très loin partir pour tenter un truc mieux que ça ce miroir chinois me rapproche retrouve mes yeux mes yeux cernés pas si cernés que ça idée fixe tu vois le genre et avec une clope ça donne quoi quel mec mais pourquoi je marche seul main dans la chatte d’une meuf toute la main comme l’autre qui m’avait déçu toute la main non juste un quelques doigts frottent frôlent font du bien petite mouille petits rires déjà fait ici dans le coin pisses entrecroisées qui se nourrissent s’hydratent gouttes sèches qui se boivent pas jaune miroir chinois dieu de l’illusion je dépose à tes pieds cette clope écrasée et reprends ma route après photo on se reverra après dodo je m’en vais croiser une dame qui cherche sa route je lui réponds elle a l’air triste ça devait être pour rentrer avec moi mufle mi-timide je te hais mais t’aime avec tes mi-yeux de jaune et tes mégots consacrés léo longari jamais fini beau mec voilà c’est comme ça que ça finissait pas dégueu après je suis remonté et une journée de plus dans les jambes les jambes c’est comme les cons faut se les trainer quand ça va plus sont jamais là pour te payer un bout quelle connerie ces histoires de corps t’en as un t’en veux deux moi avant de dormir je m’imagine des cinémas où vers les deux heures du matin passeraient des films ayant pour seul et unique héros un gars qui collectionne des organes il les empilerait dans une chic armoire mettrait le tout sous scellé et hop à l’aventure première partie la main du violeur avec scènes d’action dans des rues poussiéreuses deuxième partie les reins du carrossier et caetera et caetera tout ça ça serait la première saga un premier cycle quoi ça devrait durer quelques mois quelques années tu crois tu charries remarque t’as peut-être raison je sais pas y’a combien d’organes rassemble tes connaissances éparpillées m’sieur lecteur aide-moi active tes connexions neuronales allez je vous donne la réponse à dix on compte pas le zéro un deux trois quatre cinq six sept huit neuf et dix t’es prêt plus de mille on trimballe plus de mille putains d’organes camarade merde paye ta réponse ça c’est de la brassée et c’est marqué noir sur blanc ou plutôt gris sur jaune dans le nouveau larousse universel édition mille-neuf-cent-quarante-neuf plus de mille organes c’est pas très précis mais ça te donne une idée de l’ampleur de l’affaire que je proposais plus de mille putains de films faudrait tourner bon arrêtons un chiffre disons mille-cent-onze parce que ça fait joli dans le tas y’aurait bien une centaine d’épisodes complètement badass à chaque fois avec le même acteur genre eastwood pas léaud faut pas déconner si je tenais ce cinoche je ferais tourner à plein régime et on en viendrait à bout t’imagines la séance où notre clint maison devrait se débrouiller pour choper un duodénum violent très violent comme film mais tellement drôle dans mes rêves les plus profonds je vais chercher ma fiancée à son cours de piano érectile viens on va boire une soupe et après on bouge voir le film qui vient de sortir alors on engloutit notre potage qui respire la parturiente c’est le nouveau plat branchouille de l’anti-capitale et puis on se dépêche pour pas louper le générique ce fameux générique où on doit gifler des formes abstraites qui nous lèchent qui nous récurent proprement ce qui nous sert de gland le temps d’un orgasme plus psychique que porno v’là-t’y pas qu’ça commence t’entends les chut et c’est parti on nous explique que notre homme sans nom préféré vient de monter un commerce de glaces des milliers de langues se font du bien à l’écran miam slurp srunch scrotch et notre icône notre beau et brave pote dont on suit la quête frénétique lui il sourit il attend sa victime scrotch srunch slurp miam mais le voilà le méchant du film on le sait rien qu’en l’apercevant dans un coin il a un gros ventre et il bave tout rose tu voulais le garder pour toi ton duodénum qu’il gueule notre personnage tu voulais hein et bien prends ça dans la gueule connard regarde comme il te l’arrache ton bout d’instestin grêle comme il te le fait jaillir de ton ventre bedonnant t’as beau hurler nous on est sur nos pattes on se tape la poitrine et on chante quand arrive les noms des acteurs encore un organe de plus pour ma pomme excellent vivement le prochain putain ce qu’on se marrerait si j’étais aux manettes ce qu’on se marrerait il y aurait des tempêtes de crème dans les enceintes coaxiales des problèmes de train pour tous ceux qui ne veulent plus sauter à pieds joints des feuilles de chou un peu partout pour boucher la vue aux formules de politesse et ta soeur tu crois qu’elle rigolerait ta soeur ce serait une partouze qu’on lui mettrait dans sa boite aux lettres colis piégé tu connais les plans vigipirate n’auraient plus de place réservée ah on se marrerait et ton opéra tu sais où tu peux te le coller obligatoire t’as compris salle de concert dans deux heures et qu’ça ronfle où tu es espèce de scientifique de mes couilles qu’est-ce que tu fous pour pas nous avoir encore mis sur pied cette machine à mille boutons et à cent-mille fils noirs ou rouges et dont la seule fonction serait d’enregistrer et de mettre en mots les associations d’idées qu’on a dans la caboche juste avant de s’endormir ça en ferait des bouquins et des bouquins et des bouquins pourquoi pas des films mais la technologie si tu veux mon avis ça limite toujours quand on s’endort on note pas et quand on note pas on oublie voilà monsieur le grand docteur en sciences appliquées levez-vous j’accuse votre paresse et votre manque de volonté de ne pas avoir développé et distribué dans chaque foyer la machine à mille boutons et à cent-mille fils noirs ou rouges vous vous êtes rendu coupable par ce crime odieux de l’incendie virtuel d’un million de bibliothèques d’alexandrie pauvres bibliothèques avortées c’est vraiment affreux parole d’athée qu’avez-vous à dire pour votre défense vous invoquez le manque de moyens qu’on pende haut et court l’ensemble des politicards des cinq continents et dans une nuit couleur de fond d’imprimante sanglottèrent un grand nombre de bipèdes amen et tandis que leurs pleurs s’élevent en chamaille ruée sur une poutre de paille voici que s’avance grave l’esprit des tomates ces pauvres tomates qu’on a broyées et mises dans des conserves il est formé des peurs et des fantasmes de ces fruits qu’on appelle légumes le plus souvent sur ce point il nous répond qu’il s’en branle totalement préfère rire de notre méprise pauvres humains que nous sommes si souvent applatis complexés par notre manque d’intelligence minables deux saisons sur quatre le voici l’esprit des tomates le voici avec son grand chapeau avec ses longues moustaches le voici tout en volutes évocatrices antique qu’a-t-il à nous dire monsieur l’esprit qu’a-t-il encore à nous confier va-t-il une fois de plus jouer les trouble-fête est-ce le moment monsieur je vous le demande alors que vous vous trouvez dans une exposition très sérieuse alors que vous avez la chance de participer de près ou de loin c’est selon à une multiplicité de regards particuliers sur les menstruations bla bla bla un problème qui depuis la nuit des temps bla bla bla que ne cesse l’oppression machiste bla bla bla niez-vous la toute-puissance des symboles phalliques sur bla bla bla oh mais ta gueule gronda l’esprit des tomates j’allais juste dire que tout ça me donnait envie de sodomiser une jeune fille.