Simon Marlet

Simon Marlet, huile sur toile, 50×40 cm, 2014

Ceci est leur sang

Parmi les mille étoiles
Qu’éteignent les regards multiples du Soleil
L’étoile rouge de la Bergère
Annonçait la seule vie qui est
Persistante,
Vénus flamboie !
La vie étroite

Ceci est mon sang
Versé pour vous
Dans le ciel
Tous les soirs
De lune Rousse

Parmi l’accrochage
Naissait un ciel rouge
Tacheté.
Firmament
Avant l’été
Naissant

Je suis la femme
Venue dire à l’homme
Que la vie est courte
Comme pour moi
Mon sang s’écoule

Voici mon sang.

Voici mon sang
Ces quelques gouttes
Et…
Donne moi la main

Aristote lu au goutte à goutte
Ne dis pas autre chose
Que l’art sans aucun
Doute
Circule du connaissant
Au sans connaître

Ton premier théâtre,
Que disait-il
Baigné dans sa flaque ?
Ma première ouverture de rideau.
Depuis le XVIIè s,
Pour entrer au théâtre,
Il est écrit :
Il sort

Si j’écris avec mon sang
C’est pour magner comme Sade
La matière de la femme
Qui est en lui.
Je ne m’appartiens pas.
Et que fais-je,
Je me domine
Et que fais-je
Je soupire

Qui a dit : « Jeux de mains, Jeux de vilains »
Demande en toi
La femme que tu vois naître,
Entre tes jambes ?

Et parmi les bocaux
De formols
Que vois-tu dans mon bocal
De sang ?

Le même serpent
Parmi l’arbre
Le temps a coulé.
Accepte qu’il coule
Il coulera.

Regarde
Il y a un fruit.

Photographie moi
Sans limites
Qu’au seuil de ma rougeur
Naisse l’icône
De la temporalité.
Imprime…

Vois-tu cette croix ?
Sais-tu
Que lorsque je suis mort
S’est déchiré le voile ?
Sais-tu que le ciel
Était rouge
À ma résurrection ?

Lune
Je n’ai pas d’autres pigments
Je suis vide et pleine.
Peignez mes mains !
Je n’ai pas tué
Et je suis pure.

Je ne sais pas la douleur
La couleur du rouge.
Ma peau est blanche,
Regarde ces quelques plumes.
C’est une oie que nous partagerons
Ce soir entre mère et fille.
Vient à ma table,
Prend de ce vin.

Était-ce Phèdre ?
Était-ce Pénélope
Que je voyais au loin
Coudre et Découdre
Ce que ses mains seules
Voulaient lier pour lui…
Mais je suis un théâtre
Dont le rideau est ouvert.
Ouvert pour…
Toujours

Je n’aurai pas de voile
Pour la cérémonie de ton retour.
Prend ce coussin
C’est de la mousse.
C’est de la laine
Venu d’un pays lointain…
L’as-tu visité ?
Oui je sais, ne parle pas…
Non, ne pleure pas,
Je pare à ces silences
Par l’union de l’objet,
Et de la chose…

Amour de nous.
À quoi joues-tu ?
Au nuage rouge ?

Je fais des taches au ciel
Et les nuages ne voilent plus
L’enfant qui est à naître
Mais le sang est la vie,
Qui défigure l’idole sans main,
Vénus !
« J’ai pris plaisir à cela »
Cela qui seul me permit
Fille
D’être femme et vierge
Aux milles irrigations.

Vos imaginations

Poemes Simon Marlet – qui in pdf.

59Rivoli, Paris